🇲🇷 Mauritanie

Chinguetti

Chinguetti, la mauritanienne : une ville qui abrite huit siècles de patrimoine islamique

Ville historique de Mauritanie dont le nom a désigné le pays entier dans le monde musulman pendant des siècles, Chinguetti a joué un rôle religieux, culturel et économique de premier plan sur les anciennes routes commerciales.

Elle conserve aujourd'hui des trésors culturels à travers ses bibliothèques abritant des manuscrits rares, tout en affrontant les rigueurs du climat et l'enlisement des plans de développement en Mauritanie.

Le nom et l'histoire

L'origine du nom « Chinguetti » demeure incertaine. L'hypothèse la plus répandue y voit « les sources des chevaux » dans l'une des langues locales aujourd'hui éteintes ; une autre le fait dériver du nom d'une montagne de la région.

Une troisième interprétation le rattache au mot arabe « chaqît », qui désigne généralement la poterie dans les dictionnaires, ou les jarres où l'on conserve l'eau — bien qu'il soit peu probable que l'arabe classique ait influencé la toponymie à une époque aussi précoce.

Dans le parler local, le nom se prononce « Chinguîti » (avec un g), mais la forme « Chinguetti » s'est imposée avec le temps, notamment sous l'effet de la tradition écrite et de la diffusion du nom à l'étranger.

Les traditions orales — fortement contradictoires — font remonter la naissance de la ville au VIII siècle de l'ère chrétienne (II siècle de l'Hégire), avec la fondation de l'établissement d'« Abweir » en 777 apr. J.-C. / 160 H., près de l'emplacement actuel de Chinguetti.

Selon ces récits, « Abweir » serait la « première Chinguetti », d'après ce que rapporte Ahmed Mouloud al-Hilal du manuscrit Târîkh Ibn Habt, œuvre d'un des savants de la ville. Ces traditions relient la ville, à ce stade, à la naissance de l'État almoravide dans le désert des Lamtouna (« les voilés »).

Que la ville ait ou non hérité d'une cité plus ancienne dont le centre de gravité urbain et humain se serait déplacé, la plupart des sources situent la fondation de la Chinguetti actuelle il y a environ huit siècles, soit vers le milieu du XIII siècle (1262 / 666 H.). Elle comptait alors parmi les centres commerciaux importants des routes caravanières traversant le Sahara entre l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique du Nord.

L'une des premières mentions de la ville figure chez l'historien de Tombouctou Abd al-Rahman al-Sa'di (mort en 1656) dans son Târîkh al-Sûdân, lorsqu'il présente le cadi de Tombouctou « Mohamed Nadd », d'origine chinguettienne, qui exerçait une grande influence sous le règne du chef touareg Akil.

Or Akil gouvernait Tombouctou vers 1433, ce qui signifie que la ville existait dans la première moitié du XV siècle, selon ce que rapporte Ahmed Mouloud al-Hilal d'après Abdel Wedoud Ould Cheikh.

Au début du XVI siècle, l'auteur et traducteur allemand établi au Portugal, Valentim Fernandes, mentionne Chinguetti et la considère comme la troisième ville habitée la plus importante du pays à cette époque.

Chinguetti connut des périodes de prospérité dès le XIII siècle, mais son apogée s'ouvrit surtout à partir du XVIII siècle. La ville s'imposa comme un centre scientifique et spirituel et devint un point de départ vers les Lieux saints, ce qui lui valut une renommée telle que son nom finit par désigner le pays tout entier, en particulier dans les contrées de l'Orient musulman.

Plusieurs facteurs conjugués expliquent cette évolution : la caravane du pèlerinage qui en partait vers les Lieux saints, la venue de savants du pays vers l'Orient pour accomplir le hajj, échanger avec les érudits et acquérir des bibliothèques, certains s'y étant même établis — en Égypte, au Hedjaz, en Irak et au Soudan.

Avec cette mutation, Chinguetti ne désigna plus seulement la cité saharienne enserrée entre les sables et les montagnes de l'Adrar : elle donna son nom à un vaste espace humain et territorial, où fusionnèrent les tribus sanhaja et Banu Hassan parmi d'autres composantes, et où émergèrent des institutions sociales.

Se dessina alors progressivement le type du « personnage saharien de Chinguetti, inscrit dans une civilisation du désert façonnée par l'islam », selon l'expression du défunt historien mauritanien Mohamed Ould Mouloud ech-Chennafi.

Situation géographique

La ville se situe à l'angle nord-ouest du grand Sahara africain, dans la wilaya de l'Adrar, à environ 90 km à l'est d'Atar, chef-lieu administratif de la région.

Les montagnes de l'Adrar la bordent au nord et à l'ouest, tandis qu'elle s'ouvre à l'est sur l'immensité désertique, à quelque 660 km de la frontière malienne.

Chinguetti s'étend sur le plateau de l'Adrar, au centre-nord-ouest de la Mauritanie, à plus de 400 km à l'est de l'océan Atlantique et à près de 500 mètres d'altitude.

Climat et ressources en eau

Les températures sont élevées le jour et chutent brutalement la nuit ; elles peuvent atteindre 49 °C durant les périodes de canicule, tandis que les minimales descendent jusqu'à 10 °C. La moyenne annuelle des maximales est de 35,7 °C et celle des minimales de 24,7 °C.

Le climat se caractérise par une aridité que traduit la rareté des pluies tout au long de l'année, avec une pluviométrie ne dépassant pas 8,5 mm par an — ce qui a largement contribué à la désertification et à l'avancée des sables.

La ville dispose de ressources en eau souterraine douce, mais leur niveau est menacé par une baisse continue, sous l'effet d'une exploitation croissante et d'une recharge insuffisante due au manque de pluies.

Économie

L'économie de la ville a historiquement reposé en grande partie sur le commerce transsaharien, qui lui a conféré un statut de pôle marchand et assuré sa prospérité pendant des siècles, grâce à diverses marchandises — l'or et le sel au premier chef.

Chinguetti constituait une étape majeure sur la route caravanière dite « route lamtouna » du commerce transsaharien en Afrique de l'Ouest, qui reliait les pays africains aux métropoles du Maghreb en passant par les principales villes du désert.

Elle faisait le lien entre les centres humains échelonnés le long des pistes caravanières ; les mines conféraient alors une importance économique à la cité saharienne, centrale dans les échanges commerciaux, aux côtés des marchandises qui transitaient par la ville : dattes, cuirs, étoffes et chameaux.

Avec l'essor du commerce atlantique, le commerce caravanier via les villes historiques du Sahara déclina, sous l'effet de la raréfaction des ressources et de l'émigration des habitants, plongeant ces cités dans des difficultés économiques.

Le statut de la ville recula d'autant, le transport des marchandises à dos de chameau devenant progressivement inutile face à l'essor du transport maritime et du commerce atlantique.

La présence européenne sur les côtes atlantiques se mua en colonisation, s'imposant à plusieurs pays, bouleversant les circuits du commerce mondial et transformant les moyens de production et de transport.

Malgré ces épreuves, la ville a continué de résister aux tempêtes et aux sables. Ses habitants s'efforcent d'améliorer leurs conditions tout en préservant certaines activités, dont la culture oasienne, ainsi que le « tourisme culturel » qu'attirent ses bibliothèques riches en manuscrits et ses sites de valeur historique, prisés des chercheurs et des passionnés d'histoire. Ces facteurs animent modestement l'économie des services locale.

Population

Chinguetti a connu de fortes fluctuations démographiques, du fait des mutations économiques et climatiques traversées.

Si la ville comptait des habitants sédentaires, une partie de la population alternait entre l'installation urbaine et la transhumance alentour, au gré des conditions de la vie bédouine.

Le peuplement a souffert de sécheresses sévères, la plus récente dans les années 1970, qui a fait chuter drastiquement le nombre d'habitants — jusqu'à ne laisser, à certaines périodes, que quelque 400 résidents.

Sa population s'élève à environ 6 800 habitants, selon les données de l'Office national de la statistique de Mauritanie pour 2013.

Monuments et vestiges

Chinguetti compte de nombreux lieux d'intérêt pour les visiteurs et les touristes, en particulier ceux qu'attire le patrimoine culturel et historique.

L'ancienne mosquée constitue un repère architectural du XIII siècle, incarnation de l'architecture islamique saharienne et illustration du florissant héritage islamique de la ville et de son rayonnement spirituel.

Le minaret carré en pierre de la mosquée a acquis une valeur symbolique nationale : ses images et ses maquettes expriment aujourd'hui l'identité mauritanienne dans sa dimension islamique et historique.

L'UNESCO classe Chinguetti au patrimoine mondial, aux côtés d'autres villes mauritaniennes telles qu'Ouadane, Tichitt et Oualata, ces cités constituant un témoignage unique de la culture bédouine et du commerce en milieu désertique depuis le Moyen Âge : centres florissants à la vie religieuse et culturelle riche, elles ont su préserver leur trame architecturale exceptionnelle depuis sept siècles.

La ville abrite de nombreuses bibliothèques qui ont largement contribué à sauvegarder les manuscrits d'œuvres de savants musulmans parmi les plus anciens. Il s'agit pour l'essentiel de bibliothèques familiales, dont la préservation et l'entretien du précieux contenu se transmettent de génération en génération.

Ces bibliothèques attirent chercheurs et universitaires intéressés par l'étude du patrimoine culturel de l'islam en Afrique de l'Ouest.

Le catalogue de l'Institut mauritanien de recherche scientifique recense 3 968 manuscrits répartis dans 20 bibliothèques de la ville, parmi lesquelles se distinguent la bibliothèque Ahl Ahmed Chérif (1 302 manuscrits), la bibliothèque Ahl Habt (1 172 manuscrits), la bibliothèque Ahl Ahmed Mahmoud et la bibliothèque Ahl Hamen, ainsi que la bibliothèque de la mosquée de Chinguetti.

À voir sur place

Naturel

Monts Zarga

Situés à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Chinguetti, dans la région de l'Adrar, les monts Zarga forment un massif de grès impressionnant issu d'une ancienne moraine glaciaire vieille de plus de 440 millions d'années. Leur nom signifie « multicolore » en hassaniya, en référence au spectaculaire contraste entre la roche sombre et les vagues de dunes blondes qui escaladent ses flancs. Culminant à près de 700 mètres, cette gigantesque formation rocheuse est une curiosité géologique majeure, vestige d'une période glaciaire où la région était recouverte de calottes de glace, et marque aujourd'hui la frontière naturelle où s'achève l'erg Warane. Le secteur abrite aussi une mémoire humaine très ancienne : traces d'occupation préhistorique et magnifiques gravures et peintures rupestres, visibles notamment au sud près du site de Guelb Al-Rawi, témoins d'un Sahara autrefois verdoyant et peuplé. Les grès ruiniformes dessinent des paysages labyrinthiques et féeriques, tandis que les dunes viennent s'échouer directement sur les flancs de la montagne : un terrain de jeu exceptionnel pour les méharées et l'exploration saharienne. La zone constitue une étape privilégiée avant ou après la visite de Chinguetti et Ouadane, classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Naturel

Oasis de Legueïla

L'oasis de Legueïla est une escale incontournable et préservée du tourisme saharien en Mauritanie. Située au cœur de la région de l'Adrar, elle s'isole au milieu des cordons dunaires de l'erg Ouarane, à l'est des monts Zarga et au sud-ouest de la célèbre cité historique de Chinguetti. Véritable îlot de verdure perdu au milieu des sables, elle sert de refuge naturel contre le vent et la chaleur extrême du désert. L'Adrar étant le cœur historique et spirituel du pays, Legueïla s'inscrit dans l'histoire des anciennes routes transsahariennes où s'échangeaient autrefois le sel du désert et le mil de la savane. La vie y est organisée autour d'une petite palmeraie ombragée, exploitée pour la culture des dattes qui rythme traditionnellement l'économie locale au moment de la guetna. Point de passage privilégié des randonnées et des méharées partant de Chinguetti vers le grand sud, l'oasis offre un cadre idéal pour la pause déjeuner ou pour dresser un campement de nomades, comme le font les agences de voyage solidaire à l'image d'Azoueiga Tours. L'expérience y est centrée sur l'immersion culturelle, l'échange authentique avec les guides chameliers et les nuits sous les étoiles autour d'un feu de camp.

Naturel

Neyana, très haute dune chantante de l'erg Ouarane

Neyana est une très haute dune chantante située dans l'erg Ouarane, au cœur de la région de l'Adrar en Mauritanie. Ce monument de sable est célèbre auprès des voyageurs pour sa capacité magique à émettre un grondement ou un murmure musical lorsque les grains de sable entrent en mouvement. Ce phénomène acoustique rare est provoqué par le glissement du sable le long de ses pentes : le vent ou le passage des randonneurs déclenche une vibration qui résonne comme une mystérieuse complainte ou un bourdonnement basse fréquence. Pour les Maures et les guides chameliers locaux, cette voix du désert alimente de nombreux récits traditionnels et se voit prêter le rôle de gardienne des secrets du Sahara. Les vallées dunaires alentour recèlent parfois de précieux vestiges archéologiques datant du Néolithique. Étape incontournable et poétique des circuits de trekking saharien, Neyana se découvre généralement lors de méharées itinérantes au départ de la cité sainte de Chinguetti, vers la magnifique palmeraie de Legueïla. Les voyageurs en gravissent la crête pour admirer le lever ou le coucher du soleil sur l'immensité de l'erg, et provoquent volontiers le chant du sable en glissant sur ses flancs. Les agences locales, comme celles dont les expéditions sont partagées sur Azoueiga Tours, installent fréquemment leur bivouac au pied de cette dune majestueuse.

Naturel

Cratère d'Aouelloul — Impact météoritique de 3,1 millions d'années au Sahara

Le cratère d'Aouelloul est un cratère d'impact météoritique situé en plein désert du Sahara, en Mauritanie. Découvert pour la première fois par voie aérienne en 1951 et exploré notamment par le célèbre scientifique Théodore Monod, ce site constitue un laboratoire naturel exceptionnel pour la recherche géologique. Le cratère présente un diamètre d'environ 390 mètres pour une profondeur actuelle de 10 à 30 mètres, et sa formation remonte à quelque 3,1 millions d'années, à l'époque du Pliocène ; il s'est creusé dans un plateau sédimentaire composé de grès et de sables siliceux. Sa particularité scientifique repose sur la présence d'impactites : lors de la collision, la chaleur et l'énergie phénoménales libérées ont instantanément fait fusionner les sables siliceux du désert, créant des verres de silice fondue sous forme de gouttes vitreuses gris verdâtre renfermant des composants d'origine extraterrestre comme la kamacite, ce qui a confirmé de façon définitive son origine météoritique en 1966. Les scientifiques ont par ailleurs remarqué qu'Aouelloul est presque parfaitement aligné avec deux autres cratères d'impact de Mauritanie, celui de Tenoumer et celui de Temimichat Ghallaman : cet alignement linéaire sur près de 600 kilomètres laisse supposer un impact triple simultané, causé par la dislocation d'un gros astéroïde entrant dans l'atmosphère selon une trajectoire très rasante.

Lemgalek (Chinguetti) — Les grands ergs de l'Adrar et les méharées étoilées

La zone de Lemgalek, à Chinguetti, désigne les dunes et les ergs spectaculaires de l'Adrar mauritanien. Ces dunes géantes offrent le paysage saharien par excellence : des lignes de sable pures qui changent avec la lumière, des pentes qui s'écoulent jusqu'au fond de la vallée, et un silence que rompt seul le pas des dromadaires. Elles entourent la célèbre cité caravanière classée par l'UNESCO, et c'est ce qui fait leur double valeur — le sable et la mémoire au même endroit —, car ce sont ces mêmes ergs qu'ont traversés pendant des siècles les caravanes du sel, des livres et des pèlerins, et qui menacent aujourd'hui encore la vieille ville de leur lente avancée. On vient ici pour les randonnées chamelières, les bivouacs sous les étoiles et la contemplation du coucher de soleil depuis la crête d'une dune. Les agences locales et les chameliers nomades proposent des méharées de plusieurs jours entre les ergs de la région et les oasis proches, des nuitées en campement ou sous tente nomade pour profiter du ciel étoilé, et la possibilité de combiner la marche avec la visite de la vieille ville de Chinguetti, de ses mosquées, de ses bibliothèques et de ses manuscrits. Explorer Lemgalek, c'est s'immerger dans le désert tout en restant à proximité des oasis et de ceux qui y vivent.

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Bibliothèques et manuscrits de Chinguetti, trésors du Sahara

Chinguetti, cité caravanière inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, conserve l'une des mémoires écrites les plus précieuses du monde musulman. Depuis le XIIIe siècle, les caravanes du sel et de l'or et les convois de pèlerins s'y croisaient, laissant derrière eux des livres et un savoir transmis de génération en génération au sein des familles. Des bibliothèques familiales séculaires — au premier rang desquelles la bibliothèque Habott, ainsi que celles des Ahmed Chérif et des Hamouny — abritent encore des milliers de manuscrits copiés à la main : sciences coraniques, hadith, droit malikite, grammaire, rhétorique et poésie, mais aussi astronomie, mathématiques, médecine et histoire. Cet héritage a valu à la Mauritanie son ancien nom de « pays de Chinguetti » et fait de la ville un foyer de savoir au cœur du Sahara. Le sable, la sécheresse et le vieillissement du papier menacent aujourd'hui ces trésors, dont la restauration et la numérisation sont un combat permanent.

Historique

La Mosquée ancienne de Chinguetti

Au cœur du vieux quartier de Chinguetti, la Mosquée ancienne se dresse depuis le XIIIe siècle et compte parmi les lieux de culte les plus anciennement et continuellement fréquentés du monde musulman. Elle est bâtie en pierre sèche, extraite des reliefs voisins et assemblée sans mortier : ses murs ont la couleur même du désert, sa toiture repose sur des troncs de palmier et sa cour s'ouvre à ciel ouvert. Son minaret carré, couronné d'œufs d'autruche aux angles, est devenu l'emblème architectural le plus célèbre de Mauritanie, repris jusque sur les symboles nationaux et la monnaie. Tout autour serpentent les ruelles ensablées du ksar inscrit à l'UNESCO et ses fameuses bibliothèques familiales : la mosquée est ainsi le point de départ naturel de toute visite, avec des images inoubliables au coucher du soleil, quand la pierre s'embrase, et le témoignage vivant d'une cité où se croisaient caravanes et savants. L'intérieur reste réservé aux fidèles, mais chacun peut en faire le tour et la photographier de l'extérieur.

Naturel

Les oasis de Chinguetti : Tendoueli et Bir N'Tekmekmet

Derrière les dunes de l'erg Ouarane, à quelques heures du ksar de Chinguetti, s'égrènent de petites oasis, îlots verts dans un océan de sable : Tendoueli, Bir N'Tekmekmet et d'autres points où un puits ou une source a fait naître la vie. Les palmiers s'alignent au bord de l'oued et de modestes jardins de henné, de blé et de légumes sont irrigués par des canaux dont l'eau se partage à tour de rôle entre les familles, tandis que les tentes se dressent près des puits où chameaux et chèvres viennent boire en fin d'après-midi. À la guetna, la récolte des dattes, ces oasis se remplissent d'habitants et d'invités, entre thé, poésie et veillées. Ce sont des étapes idéales des méharées et des circuits 4x4 au départ de Chinguetti : silence absolu, dunes dorées au coucher du soleil et nuit sous l'un des ciels les plus purs du Sahara.

Historique

Aber, la cité ensevelie, ancêtre de Chinguetti

Bien avant Chinguetti, une cité nommée Aber s'élevait dans ce coin de l'Adrar ; la tradition en fixe la fondation à l'an 777. Son nom signifierait « le petit puits » en arabe — rappel que, comme toute ville saharienne, elle est née autour d'un point d'eau. Aber fut une halte caravanière et un lieu de vie jusqu'à ce que le sable, saison après saison, finisse par l'engloutir : ses habitants gagnèrent alors un nouveau site qui deviendrait Chinguetti, la ville des savants et des manuscrits, aujourd'hui inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. La mémoire locale voit ainsi en Aber l'aïeule de Chinguetti. Il n'en subsiste que des traces éparses entre les dunes — fondations de pierre, tessons de poterie, légers reliefs — qui racontent une ville avalée par le désert. La visiter depuis Chinguetti est un moment fort, qui résume le long dialogue entre les hommes, le sable et l'eau.

Naturel

Plateau de Lemmoïzine

Plateau aride et ouvert entre les monts Zarga et l'oued Irat, que les caravanes traversent en une journée entière de marche. Rien n'y arrête le regard : du sable, de la pierre, et un vent qui efface vos traces heure après heure. On y vient pour le silence, non pour les sites.

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